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Rester assis droit toute la journée fatigue autant que l’avachi

Avatar de Alizée Rouvenat-Duchossoy

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4 min de lecture 5,0 (89 avis)

Se redresser sur sa chaise, tenir le dos droit, corriger l’affaissement des épaules : ces conseils ne servent à rien s’ils aboutissent à une posture parfaite… tenue immobile pendant huit heures.

L’immobilité, pas la posture, est le vrai problème

Une posture assise, même jugée « idéale », comprime toujours les mêmes disques, sollicite toujours les mêmes muscles et limite toujours la même circulation sanguine dans les jambes. Ce qui fatigue le corps n’est pas tant l’angle du dos que la répétition de cette même contrainte sans variation pendant des heures. Une position parfaitement droite maintenue sans bouger finit par créer autant de tensions qu’une position avachie, simplement réparties différemment sur les muscles et les articulations.

L’Organisation mondiale de la santé le rappelle dans ses recommandations sur l’activité physique : le temps passé assis, indépendamment de la posture adoptée, constitue en lui-même un facteur qui pèse sur la santé musculo-squelettique et cardiovasculaire. Ce n’est donc pas seulement une question d’ergonomie du siège, mais de durée d’immobilité totale dans la journée.

Alterner les postures plutôt que chercher la bonne

Plutôt que de viser une posture unique et parfaite, mieux vaut varier régulièrement d’appui : se pencher un peu en avant, puis en arrière, croiser les jambes puis les décroiser, se lever quelques instants, s’asseoir plus bas puis plus haut. Cette alternance répartit la charge sur des muscles différents et évite qu’un même point du dos ne subisse toute la contrainte pendant des heures d’affilée.

La micro-mobilité, ces petits ajustements de quelques secondes qui ne quittent presque pas le poste de travail, joue ici un rôle sous-estimé. Faire pivoter le bassin, étirer les bras au-dessus de la tête, décoller les talons du sol quelques instants : ce sont des gestes discrets, réalisables en pleine réunion ou en pleine lecture, qui suffisent à casser la monotonie posturale sans interrompre le travail en cours.

Un poste qui autorise le changement

L’aménagement du poste de travail compte moins pour la chaise en elle-même que pour sa capacité à permettre le changement de position. Un bureau réglable en hauteur, un espace suffisant pour reculer la chaise et s’étirer, un écran placé pour ne pas figer le cou dans un seul axe : ce sont ces marges de manœuvre qui rendent l’alternance possible au fil de la journée. Prendre une pause pour boire de l’eau ou pour une collation, comme le suggère notre rubrique Alimentation & Forme, est aussi une occasion naturelle de se lever sans même y penser.

La durée au-delà de laquelle tout se dégrade

Au-delà d’une heure sans le moindre changement de position, la plupart des inconforts commencent à s’installer : jambes lourdes, tensions dans le haut du dos, raideur lombaire au moment de se relever. Se lever et marcher quelques minutes toutes les heures suffit, dans la majorité des cas, à repartir sur une base neutre plutôt que de laisser la contrainte s’accumuler sur toute une matinée ou tout un après-midi.

Ce repère d’une heure n’est pas une limite stricte gravée dans le marbre, mais un ordre de grandeur utile pour se fixer une habitude simple : une alarme, un rappel visuel, ou tout autre déclencheur qui pousse à se lever sans attendre que la gêne impose la pause. Les personnes qui cumulent de longues journées assises, que ce soit au bureau, en voiture ou devant un écran le soir, ont tout à gagner à multiplier ces courtes interruptions plutôt qu’à chercher la chaise ou le coussin lombaire parfait qui compenserait, à lui seul, des heures d’immobilité totale.


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