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L’hydratation ne se rattrape pas pendant l’effort

Avatar de Firmin Lachaussée-Verdoux

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4 min de lecture 4,0 (33 avis)

Arriver déshydraté au départ d’un effort et compter sur la bouteille d’eau pour rattraper le retard en cours de route ne fonctionne pas aussi bien qu’on l’imagine.

La perte hydrique par la sueur, un phénomène rapide

La sueur permet à l’organisme d’évacuer la chaleur produite par l’effort musculaire, mais elle entraîne avec elle une quantité d’eau et de sels minéraux qui peut devenir importante en peu de temps, en particulier par forte chaleur ou lors d’un effort intense. Cette perte commence dès les premières minutes d’activité, bien avant que la sensation de soif ne se fasse sentir, ce qui explique pourquoi attendre d’avoir soif pour boire revient déjà à courir après un déficit installé.

Le seuil de baisse de performance

Une perte hydrique équivalente à environ deux pour cent du poids corporel suffit à réduire mesurablement la performance physique et la capacité de concentration. Ce seuil, relativement bas, est atteint plus vite qu’on ne le pense lors d’un effort prolongé par temps chaud, sans qu’aucun signe spectaculaire ne prévienne clairement du moment où il est franchi. C’est pourquoi une hydratation anticipée, avant même que la soif ne s’installe, protège mieux la performance qu’une réaction tardive une fois la baisse de forme ressentie.

La boisson d’effort et sa concentration

Pour un effort long, une boisson légèrement sucrée et salée, plus concentrée qu’une eau plate, aide à retenir l’eau plus efficacement dans l’organisme tout en apportant une part de l’énergie nécessaire. Une boisson trop sucrée ralentit en revanche l’absorption au niveau digestif, ce qui peut provoquer des inconforts pendant l’effort. La concentration idéale reste modérée : ni une eau pure sur un effort très long et très chaud, ni un sirop concentré qui stagnerait dans l’estomac.

L’hyponatrémie, le risque inverse et sous-estimé

Boire une quantité d’eau largement supérieure aux pertes réelles, en particulier de l’eau plate sur un effort très long, peut diluer excessivement le sodium présent dans le sang. Cette hyponatrémie d’effort, plus rare que la déshydratation mais potentiellement grave, rappelle qu’un excès d’eau n’est pas simplement inutile : il peut devenir un risque à part entière, surtout lorsqu’il s’accompagne d’un apport en sel insuffisant sur un effort de plusieurs heures.

Anticiper plutôt que compenser

Boire régulièrement dans les heures qui précèdent un effort, par petites quantités réparties plutôt qu’en une seule grande quantité juste avant le départ, permet à l’organisme d’absorber cette eau progressivement sans la traiter comme un excès à évacuer rapidement. Cette régularité en amont réduit d’autant le déficit qui s’accumulerait sinon dès les premières minutes d’effort, avant même que la boisson emportée pour la séance n’entre en jeu.

Cette logique d’anticipation s’applique aussi à la fin d’un effort : reconstituer les pertes dans les heures qui suivent, plutôt que de considérer l’hydratation comme terminée une fois la séance close, prépare mieux l’organisme à l’effort suivant, surtout lorsque deux séances se succèdent à moins de vingt-quatre heures d’intervalle.

La couleur des urines, un repère simple

Sans disposer d’un moyen de mesure précis, la couleur des urines reste l’indicateur le plus accessible au quotidien : une urine claire signale en général une hydratation correcte, une urine foncée et concentrée indique plutôt un déficit à corriger. Ce repère, simple à observer tout au long de la journée, aide à ajuster ses apports en amont d’un effort plutôt que de découvrir un déficit une fois la séance commencée. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail rappelle que les besoins en eau varient fortement selon la chaleur, l’intensité de l’effort et la transpiration propre à chaque personne, ce qui rend ce repère individuel plus utile qu’une quantité fixe valable pour tous.

Anticiper son hydratation dès les heures qui précèdent un effort, comme le rythme alimentaire évoqué en amont d’une séance dans notre rubrique Forme & Mouvement, reste donc la meilleure protection contre un déficit qu’aucune bouteille d’eau avalée en urgence ne rattrape vraiment une fois l’effort engagé.


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